Paysage ouvertJournal de résidence

Work in progress

Exposition Paysage ouvert - prélude

Paysage ouvert

30e résidence d'artistes

Du 15 Mars au 1 Oct.

Federico Nicolao, artiste, écrivain et philosophe

Présentation

Décidant de me rapprocher du format de quelques-unes des plus anciennes éditions des résidences, j’ai voulu inviter les artistes à me rejoindre pour travailler sur deux temporalités distinctes, certains pour une période traditionnelle de six semaines (Artistes en résidence), d’autres pour participer à la construction de l’exposition et nourrir les réflexions des résidences autour d’une temporalité plus courte (Artistes invités).



Les premiers qui me poussèrent à y penser, furtivement, furent les peintres anonymes de Stabiae, les artistes perses, puis Piero della Francesca, mais quand Gabriele Basilico utilisa l’expression, j’en saisis immédiatement la pertinence. Une idée de la construction en acte dans le regard. Et l’impossibilité d’accomplir, dans l’arc de temps d’une seule vie, le juste dessin pour restituer d’une manière suffisamment limpide le mystère d’exister.
Quelque chose à accepter prenant appui sur l’ancien, tissant le présent à l’aide aussi des traits et des gestes de ceux qui se sont désormais absentés, sans l’arrogance de ceux qui rompent avec ce qui nous précède, mais faisant de l’imagination l’instrument de connaissance plus puissant en notre possession.
Le paysage, on disait, espace pour l’émerveillement, révélation des sens, dans lequel l’être humain prête attention et se dispose à composer ce qui diverge. Dans le paysage la singularité devient le lieu dans lequel on s’interroge sans concessions sur la différence.
Là où on se dispose à des relations cruciales - en politique, dans l’écologie et en économie -, voici qu’il nous permet de discerner toute une intériorité contiguë à nos sensations mais sans images.
Paysage ouvert : zone dont les contours sont mobiles, où les connexions sont fugaces, mais les limites tangibles. Les métamorphoses et les changements d’échelle et de rythme fréquents.
Tout ce qui peut ne pas être dans le paysage, tout ce qui reste caché et vit sous-texte, dans les plis des floraisons et des saisons, reste en demande de reconnaissance.
Le paysage se compose à l’instant où nous sommes exposés à ses qualités celées. Dans sa perception il y a toujours un temps disparu que nous gardons à l’esprit à la périphérie de nos sensations, murmure que quelques-uns ne veulent plus entendre mais dont nous sommes tous témoins.
Des propriétés du sol et des eaux à celles de l’air ; des ressources retirées qui peuvent être exploitées ou préservées aux processus naturels et souterrains de survie et bonification des sols.
Une conscience autre de tout ce qui autour de nous persiste par indices mais pour la plupart du temps, quand tout va bien, reste dans l’insignifiance nous a toujours été nécessaire. Le paysage est quelque chose que le regard embrasse et les sens perçoivent avec la même délicatesse et humilité avec laquelle un musc particulier peut l’envahir ou une fougère en dessiner le contour fragile, il vit dans la mémoire, mais se conjugue au présent et colore notre désir d’avenir.

Il ne s’agit pas seulement d’agrandir les plans du regard, en fonction d’un aménagement de l’environnement naturel dans lequel le fait de regarder alterne pour son propre plaisir ce qui advient au premier plan et ce qui bouge d’une manière presque surnaturelle plus loin, en alternant les deux plans comme dans l’invention du paysage plus traditionnellement conçue, mais de former le regard l’habituant à une demande différente, n’isolant pas ce qui pourrait ou devrait être paysage mais plutôt s’adaptant à son évanescence, avec sensibilité et invention, à l’émersion de celle qui ne peut jamais être seule surprise : il existe toute une configurations de liens de dépendance entre l’environnement perçu comme pays et l’être humain qui le vit et en est l’issue. Il faut s’en laisser dépayser.
Jamais fixe, le paysage s’ouvre comme un champs de données et de formes, en tant qu’infiniment complexe et jamais homogène l’esprit finit par l’accepter et rentrer en intimité avec son concept.
Dans le paysage nous ne parvenons pas à nous reconnaître en tant que nous-mêmes, le paysage même finit par nous reconnaître, par nous révéler une partie de nous que nous ne connaissions guère.
Connaître les positions du soleil, réfléchir à l’influence de la lune, considérer le retour des saisons, méditer sur les températures et les couleurs, tenir dans la plus grande considération tous ces détails qui nous aident à vivre studieusement dans le paysage, voici une habitude qui nous porte à accepter les rythmes qu’un paysage contient.
Le paysage est la scène où les éléments se rencontrent et nous essayons – parfois en vain – de leur accorder une reconnaissance.
En observant nous rentrons à l’intérieur du paysage, nous en sommes constitués au moins autant que nous contribuons à le constituer, nous y sommes inclus autant que nous l’incluons en nous-mêmes.
Ce récit infini qui se tresse entre les sollicitations des sens et la perception des lieux en dépit de la pauvreté d’informations que les sens peuvent récolter, ne cesse de se construire à travers odeurs, lumières, accents qui parlent incessamment à notre attention et à notre inconscient, autant que les liens, les liaisons, les connexions, les nœuds qui font de nous-mêmes une partie ouverte du paysage. Toute une concaténation de combinaisons, interruptions, ententes, dissidences, consonances, ruptures, alliances ou désaccords ravive la tension avec laquelle le paysage évolue d’une saison à une autre.
Le paysage constitue un défi à faire sens, ensemble en nous fondant sur des critères mobiles, différents de territoire à territoire, là où nous nous aventurons dans la complexe reconnaissance des autres.
Pour articuler rigoureusement notre faculté innée de nous émerveiller et reconnaître, nous nous exposerons à la nécessité de regarder ce regard dans l’autre, qui dans les ressemblances et les différences cherche à prendre librement en charge le réel sans le soumettre.
Et nous savons que cette saisie passe d’abord à travers les sens mais il n’y a aucune certitude que la dimension esthétique vienne en première. Bien au contraire !
Paysage ouvert.
Federico Nicolao

Évènements

Concerts musique improvisée

dans le cadre de l'exposition La suite des danses

13 Août → 18:30

Les Ateliers des Arques et Freddy Morezon vous convient à un concert de musique improvisée aux Arques Vendredi 13 Août à 18h30 !

Sébastien Bacquias - Contrebasse
Marc Maffiolo - Saxophone basse
Laurent Paris - Percussions
Mathieu Sourisseau - Guitare électrique

à 17h30 -> Visite commentée de l'exposition La suite des danses - Paysage Ouvert

à 19h45 -> Concert de musique sacrée à l'église Saint-Laurent des Arques par l'ensemble vocal Alkemia (Le Havre)

Réservations obligatoires (jauge limitée) par téléphone au 05 65 22 81 70 ou par mail à ateliersdesarques@gmail.com

http://www.freddymorezon.org/

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Ateliers du Mercredi

Tous les mercredis de l’été de 14h30 à 17h30, Clémence, médiatrice, propose des visites de l’exposition Paysage ouvert – La suite des danses ainsi que des ateliers de pratique artistique en direction des familles !

  • 07/07 Cyanotype
  • 17/07 Argile
  • 21/07 Gravure sur Tetra Pak
  • 28/07 Fabrication de papiers végétalisés
  • 04/08 Fabrication de feutre à partir de laine de mouton
  • 11/08 Dessin sur rhodoïde
  • 18/08 Tataki Zomé
  • 25/08 Fabrication d'encres végétales

Public familial (enfants à partir de 3 ans), prix libre, habits de protection et matériel fourni, chacun repart avec sa création.

Infos et résa : Clémence Laporte au 05 65 22 81 70

Exposition Paysage ouvert - La suite des danses

Restitution de la 30e résidence d'artistes

Du 6 Juil. au 29 Août

Accueil du mardi au dimanche de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 17h30, le week-end de 14h30 à 18h30.

Vernissage

2 Juil. → 19:00

Ayant pour ambition de donner à voir le travail de plusieurs semaines de résidence à travers une restitution, la soirée de vernissage convie le plus grand nombre à découvrir les pièces réalisées et/ou les recherches en cours en compagnie du directeur artistique et des artistes.

Programme de la soirée
19h Accueil du public par Federico Nicolao - directeur artistique, Gérard Laval - président de l’association et nos partenaires
19h30 "In/out (Les Arques)", présentation et diffusion de la pièce sonore de Cengiz Hartlap (extrait de 5min)
19h45 Dissémination dans les espaces d'exposition où les artistes Hélène Bertin et César Chevalier, Zoé Cornelius, Suzanne Doppelt, Pauline Fremaux, Sara Lefebvre et Cengiz Hartlap seront présents pour parler de leur travail (30 min)
20h15 Lectures au jardin
"Je les ai fait devenir vert" de - et par - Suzanne Doppelt (extrait de 12min)
"La colline" de Mina Sungern par Pauline Fremaux (extrait de 10min)
C’est avec regret que nous sommes contraints d’annuler le traditionnel repas du vernissage, qui ne peut se maintenir en raison des circonstances sanitaires.
Le port du masque sera obligatoire sur le site durant toute la durée de la manifestation.
Au plaisir de s'y retrouver quand-même,
Artistiquement,
Les Ateliers des Arques

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Exposition Paysage ouvert - prélude

été 2020

Du 15 Juil. au 27 Sept. 2020

Malgré le report de la résidence 2020 en 2021, Les Ateliers des Arques et Federico Nicolao – directeur artistique 2020 - proposent l'exposition Paysage Ouvert – prélude. Cette exposition sera composée d'œuvres originales des artistes qui devaient venir en résidence aux Arques cette année ainsi que d’œuvres d'artistes invités.
Exposition du 15 Juillet au 27 Septembre 2020
Direction artistique / Federico Nicolao assisté par Alexandra Bordes
Avec les œuvres de :
Hélène Bertin - Zoé Cornelius - Suzanne Doppelt - Sara Lefebvre / Futures artistes en résidence
Luc Andrié – Philippe Fangeaux - Elein Fleiss - Olivier Kervern - Jochen Lempert - Linda Nagler - Estefanía Peñafiel Loaiza - R.A.M - Jessica Russ - Francesca Torzo / Artistes invités
Pauline Brocart / Graphiste

Voir dans le journal

Les artistes

Hélène Bertin

Hélène Bertin lauréate du prix Aware en 2019 a étudié dans trois établissements aux pédagogies différenciées : au lycée Frédéric Mistral à Avignon en section arts appliqués, à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon où elle co-fonde le collectif Plafond, puis à l’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy dont elle sera diplômée en 2013. Cette même année, parallèlement à son DNSEP, elle commence des recherches autour du travail de Valentine Schlegel qui transforment doucement et solidement sa vision de l’art. Elle sera à l’origine de l’édition V.S. Je dors, je travaille qui révolutionnera le regard sur cette artiste. Sa pratique se déguise de la sculpture au workshop à la recherche, dans une démarche volontairement bâtarde qui la positionne entre artiste, curatrice et historienne. Elle travaille à Paris et à Cucuron, dans le Luberon, où elle déploie des invitations pour travailler avec ses hôtes. Hélène Bertin développe son art en produisant des liens questionnant toujours la notion d’alterité (à l’aide de la rencontre avec artistes, associations, artisans, familles...). Ses sculptures et projets ont été présentés au sein d’espaces alternatifs (Pauline Perplexe, DOC), en institutions publiques (CAC Brétigny, CRAC Occitanie) et en institutions privées (fondation Ricard, fondation Lafayette Anticipations).

Zoé Cornelius

Zoé Cornelius, née à Lausanne en 1994 est une artiste contemporaine suisse.
Diplômée en arts visuels à l’ECAL de Lausanne, Zoé Cornelius a marqué les esprits avec ses expositions Purger les radiateurs à Tunnel (Lausanne) et Diego, avec Denis Savary au Musée Jenisch qui l’ont imposée comme une des figures de proue de la jeune scène suisse.
Mélangeant toujours dans sa pratique plusieurs medium - vidéo, sculpture, installation, écriture et performance - elle opère en retrait, voyage tant mobile qu’immobile à travers le monde à la recherche d’images, mots et sons rares qui forment le matériau de ses œuvres et privilégie les contextes où elle peut mener, avec le temps ses recherches.
Elle travaille actuellement par exemple sur la réalisatrice Margaret Tait, découverte lors d’un voyage à pieds dans les îles des Orcades.
Elle construit ainsi comme l’a remarquablement exprimé Stéphanie Serra, commissaire d’une de ses expositions, « un petit théâtre de mythes, anciens et plus récents ». Elle garde tant un intérêt pour les rites et rituels, que pour la « petite » histoire ou les petites histoires : un tissage de faits biographiques, d’anecdotes, de hasards et d’observations quotidiennes, avec un intérêt marqué pour les documents d’archives liés aux artistes et à l’histoire des lieux.

Suzanne Doppelt

Suzanne Doppelt (1956) est une écrivaine, photographe et éditrice française.
Elle a étudie la philosophie qu'elle a ensuite enseigné, ainsi que la photographie, à l'European Graduate School de Saas-Fee en Suisse. Son travail, qu’elle publie et expose régulièrement, associe de manière étroite littérature et photographie. Elle a exposé dans divers lieux parmi lesquels Le Centre Pompidou et le Musée du Louvre à Paris, la Fondation Royaumont, la New York University, la galerie Martine Aboucaya, l'Institut Français de Naples… Elle est la fondatrice et directrice, en collaboration avec Pierre Alféri, de la revue littéraire Détail. Elle a dirigé la collection Le rayon des curiosités chez Bayard. elle a longtemps collaboré avec la revue L'Impossible de Michel Butel et fait partie du comité de rédaction de la revue Vacarme. La plupart de ses livres sont publiés en France par la prestigieuse maison d'édition POL, c'est le cas par exemple de son dernier livre Rien à cette magie consacré à Chardin et à son célèbre tableau Les bulles de savon.

Pauline Fremaux

Jeune diplômée de sculpture à l'ENSAD, Paris, Pauline Fremaux travaille l'installation et la performance. Entre jeu, expérimentation et analyse, ses formes racontent et entrecroisent les récits. Par son travail elle cherche à éprouver la plasticité du langage, dans des sculptures encourageant le mouvement et la gestuelle, et l'invention de différentes logiques d'échange. Ses installations tiennent le rôle de connecteurs tant dans leurs formes que dans les mouvements qu'elles proposent. Elle joue d'équilibres de masse, couleur, texture, d'entrelacs, de croisements et de transparences. Son intérêt pour les questions d'identité et de communauté la portent à travailler avec des publics variés (souvent des femmes), et à se tourner vers des formes et matériaux issus de traditions artisanales.

Sara Lefebvre

Sara Lefebvre vit et travaille à Paris. Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts de Paris-Cergy en 2013, dans le cadre de l’ARC (Atelier de Recherche et de Création) Opus, elle réalise une copie d’une sculpture de John McCracken qu’elle expose au CREDAC d’Ivry lors de l’exposition collective Le dos du désert et commence à développer une démarche sculpturale.
La même année elle réside plusieurs semaines à Fidji pour apprendre à battre le tapa, un feutre végétal non tissé préexistant à l’introduction du paradigme chaîne-trame par les européens et explore maintenant la diversité des techniques, pratiques et usages des textiles, sur les différents terrains où elle est amenée à travailler.
Sous un autre nom (comme un DJ menant différents « projets » en parallèle), elle mène des activités universitaires de recherche et d’enseignement en anthropologie ainsi que des projets curatoriaux sur l’art, notamment conceptuel, des années 1960-1970.


Catalogue

Supplément de la revue à parution indisciplinée Chorus una costellazione
Un projet d'édition de Pauline Brocart et Federico Nicolao
Piccole Baie Books
Direction d’ouvrage: Federico Nicolao
Conception graphique et mise en page: Pauline Brocart
Édition: Alexandra Bordes
Reliure: Salomé Chatriot, Acid Leafs, 2021
Auteurs: Jonas Mekas - Jochen Lempert - Mario Dondero - Lisa Ponti - Jessica Russ - Luigi Ghirri - Tacita Dean - Gabriela Carneiro da Cunha - Marie-José Mondzain - Koo Jeong-A - Micol Assael - Angela Detanico et Raphaël Lain - Laetitia Benat - Lucas Erin et Aurélie Vial - Anne Bertrand - Elein Fleiss - Marcelline Delbecq - Gilles Clément - Shimabuku - Jean-Christophe Bailly - Méryll Ampe - Gina Proenza - Dominique Gonzalez-Foerster - Mathilde Girard - Mattea Riu - Pauline Fremaux - Gaëlle Obiegly - Nadir Khanfour - Magdalena Froger - Charli Tapp - Stéphanie Serra - Azalea Seratoni - Axelle Stiefel - Jean Bourgois -Woosung Sohn - Pierre Leguillon - R A M - Yoshimasu Gōzō - Cesare Galimberti -Yannick Haenel - Jean-Luc Nancy - Francesca Verunelli - Mario Nicolao - Luc Andrié - Riccardo Venturi - Laurent P. Berger - Mario Richter -Emanuele Coccia - Estefanía Peñafiel Loaiza -Gianni d’Elia - Francesca Torzo -Philippe Fangeaux - Emmanuel Alloa - Laura Erber -Avital Ronell - Jérôme Combier - Mark Steinmetz -Boyan Manchev - Masao Yamamoto - Linda Fregni Nagler - Federico Ferrari - Tomás Maia - Olivier Kervern - Dimitri de Preux - Dominique Païni - Mitra Farahani - Auriane Legendre et Barbara Sternberg -Henri de Pazzis - Benoît Grimalt - Federico Nicolao - Hélène Bertin en collabiration avec César Chevalier -Pauline Brocart - Zoé Cornelius - Suzanne Doppelt -Sara Lefebvre
Piccole Baie books
Imprimeur: Picture Perfect, Paris
Nombre de pages: 284 pages
Format: 22,5x31 cm


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