Grand chaos et tiroirsJournal de résidence

work in progress

Exposition au Printemps de Septembre à Toulouse

Grand Chaos et Tiroirs - Claire Moulène et Mathilde Villeneuve

25/09/2008

A l'occasion du XXe anniversaire des Ateliers des ARques, le projet "Grand Chaos et Tiroirs", conçu par Claire Moulène et Mathilde Villeneuve, sonde en filigrane les enjeux de la célébration.

A travers l'écriture collective d'une petite histoire du Lot dont ils deviennent partie prenante, les sept artists et graphistes invités cette année en résidence prennent au mot l'idée de célébration, en "illsutrant" et en "rendant célèbre" à proprement parler, les pratiques, découvertes et épiphénomènes qui jalonnent leur séjour dans la région. A travers deux expositions - l'une, pensée in situ pour le village des Arques et ses alentours, l'autre conçue à posteriori pour le Printemps de Septembre comme le compte-rendu de cette expérience inédite d'immersion collective - et par le biais d'un livre qui élabore au gré de documents d'origines diverses, une récit communautéare mêlant sans hiérarchie la parole et les sources iconographiques de la population locale et des artistes, la manifestation "Grand Chaos et Tiroirs" fait le grand écart entre la grande et la petite histoire. En s'autorisant des rapprochements formels et critiques entre les coagulations minérales des grottes préhistoriques et les concrétions d'un Boris Achour, entre les cavités indigènes de cette région rurale et les formes en creux de jean-Luc Moulène ou de Raphaël Zarka, le tourisme local et les recherches de Benoît-Marie Moriceau, et encore la parole active de quelques ressortissants Lotois et l'intérêt qu'Aurélien Froment porte au témoignage, "Grand Chaos et Tiroirs" joue la carte du handicap de proximité.

Grand chaos et tiroirs

18e résidence d'artistes

Du 10 Avr. au 31 Août 2008

Mathilde Villeneuve et Claire Moulène

Évènements

Printemps de Septembre

Direction artistique Christian Bernard

Du 26 Sept. au 19 Oct. 2008

Voir dans le journal

Les artistes

Åbäke

Quand on entend pour la première fois en 2002 le nom d’Åbäke, il est alors associé au label de musique Kitsuné, quintessence de la marque de vêtement parisienne et une des galaxies, collatérales, de l’univers Åbäke - un studio de graphisme basé à Londres derrière lequel se tiennent Patrick Lacey, Benjamin Reichen, Kajsa Ståhl et Maki Suzuki. Actifs depuis 2000, ces anciens étudiants du réputé Royal College of Art comptent parmi leurs clients le British Council et la Serpentine Gallery, des collaborations avec des designers de mode comme Hussein Chalayan et la Maison Martin Margiela, des artistes tels que Ryan Gander, Johanna Billing et Martino Gamper, et des groupes de musiques dont Air et Daft Punk.

Si le nom même d’Åbäke, comme le suggère son origine suédoise désignant des objets larges et encombrants, peut-être suspecté de défendre un design «lourd», c’est seulement pour en apprendre les règles et conventions et s’employer à les déconstruire. Åbäke, en effet, produit des projets indépendants, transdisciplinaires, strictement collectifs, et souvent participatifs: la plateforme digitale et dialogique pour l’architecture Sexymachinery (2000-2008), la plateforme culinaire relationnelle Trattoria (2003), le projet de publication Dent-De-Leone (2009), la propagande de l’imaginaire Victoria & Alfred Museum (2010), et l’agence d’espion Åffice Suzuki (2010).

Åbäke capte l’attention du monde de l’art: en effet, la plupart des projets ne répond probablement pas à des critères de fonctionnalité mais soulève des questions telle la façon dont le graphisme peut revêtir des formes de transmission culturelle. Publications, commissariat d’exposition, discussions et workshops font intégralement parti de leurs activités.

Aurélien Froment

Le travail d’Aurélien Froment est traversé par le principe de narration. L’œuvre, qui se matérialise à travers une diversité de média, est souvent le résultat d’une recherche ou d’un travail d’association combinant textes, images et films. Le cinéma, son imaginaire, sa forme, et la mémoire collective sont autant de références qui jalonnent et constituent son œuvre. L'artiste fut lui-même projectionniste dans un cinéma parisien. Rébus et significations souterraines peuplent donc le travail d’Aurélien Froment. Ainsi dans le cadre de l’exposition Promotion (Espace Paul Ricard, Paris, 2002), l’artiste rend hommage au cinéaste Werner Herzog sous la forme d’une maquette de bateau reconstituant une scène de Fitzcarraldo (1981). Le film de Herzog présentait la construction utopique d’un opéra en pleine jungle. Ce principe de construction d’un bâtiment isolé au beau milieu d’un élément naturel et hostile se retrouve également dans le film The Apse, the Bell and the Antelope, réalisé en 2005 lors d’une résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers et dans lequel Roger Tomalty nous guide à travers Arcosanti, cette « ville du futur » conçue par Paolo Soleri en plein désert de l'Arizona à partir de 1970. Le principe de la narration prend également corps dans l’objet livre, un élément récurrent dans le travail de l’artiste. De l’Ile à hélice à Ellis Island (2005) se donne comme une bibliothèque de 44 livres qui s’enchaînent sur le mode du « marabout, bout de ficelle… ». Les œuvres de Froment exploitent le principe fort de la mise en abyme, à la façon d’une histoire sans fin, comme des bribes d’histoires interrompues entremêlées les unes aux autres, entre fiction et documentaire (La légende vivante, 2009).

Aurélien Froment a étudié à l'École Régionale des Beaux-Arts de Rennes et de Nantes où il obtient son diplôme en 2000, ainsi qu'à la Manchester Metropolitan University. Il vit et travaille actuellement à Paris. Il est lauréat du Prix de la jeune création Mulhouse 001 (2001) et a bénéficié de plusieurs résidences d'artiste dans différentes villes européennes. Ses œuvres ont, à plusieurs reprises, été montrées à la FIAC et de nombreuses expositions lui sont consacrées chaque année dans des galeries et centres d'art en France (Zones arides, Le Lieu Unique, Nantes, 2006 ; Paysages, marines, scènes de genre, Musée départemental d'art contemporain, Rochechouart, 2011 ; Une exposition comme les autres, Crédac, Ivry-sur-Seine, 2011) et à l'étranger (The Space of Words, MUDAM, Luxembourg, 2009 ; Centre Culturel Français, Milan, 2011).

Boris Achour

Boris Achour est né en 1966 à Marseille1. En 1991 il est diplômé de l'ENSAPC (École Nationale Supérieure d'Arts de Paris Cergy). Entre 1991 et 1992 il étudie à l'ENSBA, dans le cadre du post-diplôme dirigé par Vincent Barré. Il séjourne en 1996 à Berlin et à Montréal, en 1999 à Los Angeles et en 2005 à New-York.

La même année il co-fonde Public, à Paris, un espace d'art contemporain géré par des artistes et curateurs indépendants. En 2002, il cofonde Trouble [archive], une revue d'essais critiques, avec Claire Jacquet, François Piron et Émilie Renard, qui sont rejoints, en 2005, par Guillaume Désanges.
Il enseigne à l’École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy depuis janvier 2010.

Mêlant sans hiérarchie des éléments hétérogènes issus de champs culturels et formels très variés, son travail constitue un système combinatoire ouvert et en perpétuelle évolution basé sur l’affirmation de la forme, la jubilation de la création et la puissance de la mise en relation.

Les notions de fragment, d'unité et donc de relations, qu'on les envisage à l'échelle d'une seule œuvre (on peut particulièrement penser à ses mobiles) ou à celle de l'ensemble du travail semblent être formellement, conceptuellement et humainement au cœur de sa pratique.

L'intérêt porté au format et à la temporalité de l'exposition a plusieurs fois amené Boris Achour à envisager celle-ci comme moment de monstration mais également comme temps et lieu de production. Dans ces expositions, conçues comme des paysages à arpenter par le spectateur, des formes à la séduction ambiguë (mêlant matériaux simples, bruts et bricolés mais également glossy, recouverts de paillettes ou de peintures iridescentes) sont généralement associées à des films mettant en scène danseurs, musiciens ou acteurs. Ceux ci évoluent parmi les œuvres et, en les manipulant, les transforment en accessoires et éléments de décor.

Benoit-Marie Moriceau

Les installations de Benoît-Marie Moriceau se développent selon les circonstances d'exposition ou selon la nature des lieux dans lequel il est amené à intervenir. A partir d'un vocabulaire formel élémentaire, ses interventions génèrent des perturbations ou des dérèglements perceptifs qui oscillent continuellement entre l'infime et le spectaculaire. Les différents lieux qu'il investit peuvent être considérés autant comme les supports de ses oeuvres que comme les oeuvres elles-mêmes. Il entend ainsi prolonger, réinterroger et actualiser les présupposés de l'art conceptuel concernant les espaces de l'art et ses modalités d'apparition.

Son oeuvre relève une succession de gestes, de dérèglements ou de leurres à même de rendre tangible le rapport entre l'art et le réel, ses zones de frottements et ses discontinuités.

Son travail a notamment fait l'objet d'expositions au Palais de Tokyo (Paris) et à la Tate Modern (Londres) et à Winzavod (Moscou). En 2011, l'artiste a inauguré le «Mosquito Coast Factory», un atelier de 500 m2 dans lequel il organise des projets d'exposition collaboratifs. En 2012 , il a effectué une résidence de recherche à Marfa (Texas).

Jean-Luc Moulène

Depuis plus de vingt ans, Jean-Luc Moulène développe un travail complexe, à la fois analytique et mystérieux, dont la photographie a longtemps constitué la part la plus visible et la plus reconnue. Des Disjonctions, série de photographies a priori banales, souvent urbaines, qui opéraient comme des relevés d’indices topographiques indéterminés au coeur du réel, aux célèbres Objets de grève, des product shots d’artefacts industriels fabriqués par des ouvriers grévistes détournant l’outil de production, il s’agissait à chaque fois d’une facture photographique brute, cruelle, sans complaisance, mais toujours secrètement métaphorique.

Les dessins et objets sculpturaux, qui ont toujours participé de son travail, ont pris par la suite une importance plus grande, au point de devenir majoritaires dans ses dernières grandes expositions, sans changer foncièrement l’esprit qui anime cette oeuvre singulière. En plus d’interroger les enjeux de représentation de son médium, elle ne cesse d’aborder, dans sa matérialité même, des questions politiques et sociales, mais aussi ontologiques, notamment à travers la notion de « transaction », un terme investi de manière économique aussi bien que sensible, à travers une transaction permanente de l’imaginaire avec le réel.

Les expositions personnelles majeures de Jean-Luc Moulène incluent des institutions telles que le SculptureCenter, New York (2019) ; Secession, Vienne (2017) ; Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris (2016) ; Villa Medici, Rome (2015) ; Kunstverein, Hannovre (2015); Beirut Art Center (2013) ; Modern Art Oxford (2012) ; Dia:Beacon, New York (2012) ; Carré d’art — Musée d’art contemporain, Nîmes (2010) ; Centre d’art Passerelle, Brest (2008) ; Musée du Louvre, Paris (2005) ; Jeu de Paume, Paris (2005) ; CCA Kitakyushu (2004) ; Centre d’Art Contemporain, Genève (2003) ; Le Confort moderne, Poitiers (1994).

Il a également participé à la 58ème exposition internationale d'art Contemporain, Biennale de Venise (2019) ; Biennale de Taipei (2016) ; Biennale Internationale Design, Saint-Etienne (2015) ; Biennale de Sharjah (2011), ainsi qu’à la Biennale de Sao Paulo (2002).

De nombreuses institutions ont également présenté son travail dans le cadre d'expositions de groupe : Drawing room, Londres (2021) ; Calouste Gulbenkian Museum, Lisbonne (2020) ; MAC VAL, Vitry-sur-Seine (2020) ; MoMa PS1, New York (2019) ; MAXXI Museo, Rome (2019) ; S.M.A.K., Ghent (2018) ; Museo Tamayo Arte Contemporaneo, Mexico (2018) ; Guggenheim Bilbao (2017) ; CCA Wattis Institute for Contemporary Arts, San Francisco (2017) ; Wiels, Bruxelles (2017) ; Jeu de Paume, Paris (2016) ; Punta della Dogana, Venise (2016) ; Palais de Tokyo, Paris (2015) ; Aspen Art Museum (2015) ; Monash University Art Museum, Melbourne (2013) ; Sharjah Art Foundation (2013) ; Musée National d'Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris (2012) ; CREDAC, Ivry-sur-Seine (2010) ; MARTA Herford Museum (2005) ; Museum Ludwig, Cologne (2005), entre autres.

Raphaël Zarka

Raphaël Zarka (né en 1977) est un artiste français dont le travail se place à la croisée de la sculpture, la photographie et de la vidéo. Il s'intéresse notamment aux rapports et aux usages qui entourent la sculpture moderniste et, depuis plusieurs années, à la pratique du skateboard, à laquelle il a déjà consacré trois ouvrages parus aux Éditions B42: Chronologie lacunaire du skateboard (2009), Free Ride (2011) et La Conjonction interdite (2012).
Raphaël Zarka vit et travaille aujourd'hui à Paris, et est représenté par la galerie Michel Rein.

Alexandre Dimos

Alexandre Dimos est designer graphique et éditeur. Il a cofondé le studio deValence en 2001 et la maison d’éditions B42 ainsi que la revue Back Cover en 2008 à Paris. À travers cette position, double, de concepteur et d’éditeur il tente de questionner les pratiques du design et de la création au regard de la société. Il est membre de l’AGI.


Catalogue

Conception éditoriale : Claire Moulène, Mathilde Villeneuve et Alexandre Dimos
Conception graphique : deValence
Photographes : Aurélien Mole, Jean-Luc Moulène, Benoît-Marie Moriceau et Arnaud Moinet.
Éditeurs : B42 et Les Ateliers des Arques, résidence d'artistes
Imprimeur : Snel, Belgique
Format : 22 x 17cm
136 pages
Prix : 16 euros